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Friday, 8 April 2011

Soirée diapos

Quelques photos toujours aussi vilaines de pourtant bien belles affiches, rapportées de mes dernières escapades exotiques :

-Bruxelles-


 Quand j'étais gosse, je lisais Les Toyottes de Louis-Michel Carpentier sans tout comprendre de cette étrange série "post-atomique". Il paraît que la série était appréciée des critiques jusqu'à ce que ceux-ci découvrent que Raoul Cauvin en était le scénariste-fantôme ! Plus tard, Ptiluc reprendra l'idée des rats. Darasse, Hislaire et Tome, avec leur Gang Mazda, se contenteront quant à eux de reprendre l'idée du nom du garage en bas de l'immeuble, ce qui n'est déjà pas si mal.

Benoît Delmelle est un dessinateur/illustrateur belge dont  on peut découvrir quelques pages de BD sur le site Manolo Sanctis ainsi que sur le blog Cauchemar.

 On ne présente plus Frédéric Jannin, ancienne jeune gloire du Trombone et de la page 52 de Spirou. Bon, y'a pas à chier, les spéculoos de chez Dandoy, c'est vraiment autre chose, avec ou sans Jannin.

 Marc Sleen est un de ces auteurs flamands royalement ignorés en France. J'ignorais même qu'un musée lui avait été consacré. Il a ouvert ses portes en 2008 et est installé juste en face du... CBBD. M'enfin !

 Malgré ces superbes phylactères et quelques beaux squelettes, l'expo Entre Paradis et Enfer - Mourir au Moyen-âge du Musée du Cinquantenaire m'a laissé sur ma faim. En plus, les salles africaines du musée étant fermées, j'ai du me contenter du fétiche Arumbaya en carte postale. Grrr...

Le Cinquantenaire vu par Jidéhem 
(in Sophie, tome 19 : L'Odyssée du U 522, Dupuis, 1991)

-Amsterdam-


 Stefan Glerum est un jeune (né en 1983) et talentueux illustrateur amstellodamois. Il a visiblement hérité du talent de ses compatriotes Ever Meulen et Joost Swarte. Mais, vous avez beau dire, y'a pas seulement que du Meulen, y'a autre chose... Ça serait pas des fois du David B. ? Quoi qu'il en soit, la visite de son site est chaudement recommandée aux amateurs de belles images.


Peter Van Straaten est un cartooniste hollandais né en 1935 à Arnhem. Au plat pays, les journaux se l'arrachent et, d'après Lambiek, il aurait même bossé avec Delporte. Il faudra que je me penche un jour sur le recueil que L'An 2 a publié en 2004.


Je crois qu'il est également inutile de présenter Donald Duck.

Je ne pense pas cette affiche soit de Willy Vandersteen... ni même de Paul Geerts ... Si ? Un nom apparaît en bas à droite, sous les reflets : "Darola" ?

Allez, une dernière brochette, j'en vois qui s'endorment. J'serais pas étonné qu'on ferme...


Tuesday, 5 April 2011

Sluijters, l'autre Fauve hollandais


Jan Sluijters est un peintre néerlandais né en 1881 à 's-Hertogenbosch (si) et mort en 1957 à Amsterdam. Il est surtout connu en Hollande pour sa période fauviste mais a également exploré d'autres pistes (cubisme, expressionnisme..., luminisme -une sorte d'impressionnisme à l'accent belge- ). Je dis "en Hollande" parce qu'en France où on lui préfère Kees Van Dongen (qu'il rencontra à Paris dans les années vingt et avec lequel j'ai peut-être tort de lui trouver quelques points communs), j'ai l'impression qu'il n'est pas connu du tout. Il parait qu'il a gagné le Grand Prix de Rome, mais je ne sais pas avec quelle écurie.

Sluijters (je vous laisse prononcer comme vous le sentez) excellait notamment dans la représentation de filles à poil portraits féminins et c'est d'ailleurs le tableau ci-dessus, avec les dames qui se bécotent, qui m'avait fait flashé il y a quelques années. Cette petite sélection de ses œuvres, glanées sur la toile, devrait vous en convaincre :








Pas mal, hein ?
Une ou deux toiles étaient exposées, comme je l'espérais, au Musée Van Gogh, mais j'ai surtout eu la veine de passer, quelques rues plus loin, alors que je recherchais une baraque à harengs, devant une galerie qui en exposait tout un paquet (le catalogue est téléchargeable en pédéeffe ici).



Comme Van Dongen, Sluijters avait débuté par le dessin de presse : pendant la Première Guerre Mondiale, il réalisa -si ma mémoire est bonne- une soixantaine de lithographies, d'une rare puissance, pour le journal De Nieuwe Amsterdammer, dont certaines étaient exposées à la galerie. J'en ai retrouvé et emprunté quelques-unes sur le site marchand Centaur. J'espère qu'ils me pardonneront, mais je pense que c'est pour la bonne cause :





Il ne nous reste plus à espérer qu'un musée ou un éditeur français s'intéresse à ce fantastique artiste un de ces jours.

Friday, 11 March 2011

Jossot, en dehors du troupeau


La Bibliothèque Forney présente sans doute la plus intéressante exposition parisienne du moment, qui vous permettra peut-être aussi de découvrir l'œuvre de Gustave-Henri Jossot (1866-1951), peintre et caricaturiste libertaire, pro-Dreyfusard, de ses péchés de jeunesse dijonnais à ses dernières toiles orientalistes tunisiennes.


On rappellera brièvement (un site est entièrement consacré à Jossot) qu'après avoir réalisé quelques affiches publicitaires, ce contemporain d'Aristide Delannoy, Jules Grandjouan, Juan Gris, Théophile-Alexandre Steinlen... que l'on sent particulièrement influencé par Henri Rivière et les Nabis ou encore par Félix Vallotton et les Expressionnistes, publia essentiellement dans L'Assiette au beurre, La Caricature, Die Jugend, Le Rire...
Se faisant d'abord la main sur les bourgeois, les "femelles", les alcoolos..., il prend par la suite un malin plaisir à s'attaquer à l'armée, à la justice, à taper sur le clergé. Mais ses dessins les plus puissants sont sans conteste ceux fustigeant le colonialisme. Par les temps qui courent, on savourera tout particulièrement ses précieux conseils à ces ingrats de Tunisiens révoltés contre leur "père", cette lettre où il explique qu'il est convaincu que "les révolutions ne changent pas les choses mais seulement leurs noms", ou cette autre ou Jossot explique ce qu'il pense du "travailler plus pour gagner plus" (je vous laisse deviner...).



L'humour caustique et féroce de Jossot n'a rien à envier à celui de nos Cabu, Reiser, Siné ou Willem actuels, et sa ligne claire, quoiqu'épaisse, n'a pas pris une ride. Plus étonnant, cent ans après on rit encore devant chacun de ses dessins, toujours pertinents et compréhensibles, même sans en connaître le contexte (contrairement à ceux de Daumier par exemple) : la preuve avec ces seize vignettes de Dressage, véritable proto-BD parue en 1904 dans le numéro 144 de L'Assiette au beurre, à découvrir sur le site Coconino-world.
A l'évidence, Jossot s'impose donc comme l'ancêtre direct d'Hara-Kiri, qui n'apparaitra finalement que neuf ans après sa disparition, en 1951. Les dessinateurs de Charlie-Hebdo lui rendent d'ailleurs un hommage en fin d'exposition.

Conchiant la société de consommation et le mode de vie occidental et après avoir perdu sa fille foudroyée par une méningite, Jossot s'exilera en Tunisie où il se convertira à l'islam, religion des vaincus, afin de "conquérir sa liberté intérieure, toute action extérieure étant vaine". Il ne remettra jamais les pieds en France. C'est sa première exposition rétrospective.

Jossot-Caricatures-De la révolte à la fuite en Orient (1866-1951).
Exposition du 1er mars au 18 juin 2011 à la bibliothèque Forney, 1 rue du figuier, Paris IVe (voir aussi la mini-galerie en ligne).


Saturday, 5 March 2011

La rançon de la gloire


Les portes de l'exposition Brassens ou la liberté, imaginée par Clémentine Deroudille -historienne de l'art et par ailleurs petite-fille de Robert Doisneau- et l'omniscient et totipotent Joann Sfar, récent interprète du rôle de Brassens dans son propre film Gainsbourg (vie héroïque), ouvriront le 15 mars à la Cité de la Musique (Paris XIXe). Le but est évidemment de faire redécouvrir au public la vie et l'œuvre du chanteur, mais "sous un angle inédit et parfois surprenant". Si.
Le public pourra ainsi découvrir, à travers une scénographie sylvestre, les émouvants petits carnets où Brassens composait textes et partitions et où il lui arrivait même de noter le public lors de ses tournées ("Juan-les-Pins : snob, St-Raphaël : moyen ...") ! Au sous-sol, une salle dédiée au "Brassens multiple" exposera les produits dérivés les plus incongrus et permettra d'écouter les adaptations plus ou moins exotiques de ses textes. Je ne sais pas si David Lemelin y sera représenté, mais comme je vous sens tous très impatients, je vous propose de découvrir l'hommage iconoclaste de cet acteur québécois, du collectif Prenez garde aux chiens.



Attention, cette vidéo film ne contient pas de dessins de Sfar

Deux bouquins illustrés par Joann Sfar tenteront de rentabiliser d'accompagner dignement l'évènement. L'un sera édité par Dargaud et l'autre part Gallimard (si, si, sic)...

Un gorille à Paris

Quant aux fauchés et/ou allergiques à l'art du dessinateur des fabuleuses aventures du Petit Prince (il paraît qu'il y en a dans la salle), ils pourront compléter leur visite par l'instructif petit Brassens-Le libertaire de la chanson de Clémentine, annoncé ce mois-ci en Découverte Gallimard. Son prix est lui aussi plus modeste et il est garanti 100% sans morceau de Sfar dedans. Les "connards" , comme les appelait Brassens, "qui disent que " [ses] musiques sont toujours les mêmes, ou (...) sont inexistantes" seront sans doute surpris d'y découvrir que le gorille travaillait et retravaillait ses textes et mélodies pendant des mois, voire des années ; un peu tout le contraire de l'instinctif Sfar, finalement. Mais bon, peu importe, le temps presse : l'expo se termine le 21 août 2011. Bonne visite.


"♫ Trompettes de la renommée...♫"

 Petit Brassens par Joann Sfar (à paraitre)